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Un 13 janvier de trop au Togo
Célébration ou recueillement : et la réconciliation ?
jeudi 9 février 2006.

Le 13 janvier est une date bien singulière au Togo. Commémoration ou célébration, tout dépend de quel côté on se place. Le gouvernement togolais de Faure Gnassingbé a choisi d’en faire encore en 2006 une « célébration » de la « libération nationale », ce qui fragilise encore la réconciliation.

Le rappel des faits

Au début était le Togoland, administré par les Allemands à partir de 1884 suite à un traité de protection signé avec un roi local. Après la première guerre mondiale, la Société des Nations et l’O.N.U. placent ce territoire sous protection de la France et de l’Angleterre qui finissent par le diviser en deux : le Togo et le Ghana.
L’O.N.U. impose aux tutelles d’émanciper les peuples dont elles ont la charge. Bien qu’attachée à cette colonie dont on devine « les aspects positifs » qu’elle en retire, la France est donc contrainte de mener, bon gré mal gré, le Togo vers la démocratie et l’autonomie.

Le 27 avril 1958, les partis nationaux C.U.T. (Comité d’Unité Togolaise mené par Sylvanus Olympio), JUVENTO (Mouvement des Jeunesses Togolaises, une émanation du C.U.T.) et le MPT (Mouvement Populaire Togolais) remportent les élections. Ils mènent le Togo vers son indépendance le 27 avril 1960 et Sylvanus Olympio devient le premier président de la république togolaise.
Mais cet homme politique avisé a l’outrecuidance de se tourner vers l’ancienne puissance tutélaire allemande et vers l’Angleterre au lieu de laisser la France décider de ce qui est bien ou mal pour son ancienne colonie. Beaucoup de ses initiatives déploieront à Paris (voir le cartouche « en savoir plus » en bas de page).

Le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio est assassiné par d’anciens sous-officiers de l’empire colonial français, dont un ex sergent-chef : Etienne Gnassingbé Eyadema. La jeune république ne se remettra pas du putsch manqué et une insurrection populaire en 1966 est vite réprimée par l’armée de plus en plus présente.
C’est encore un 13 janvier, mais en 1967, qu’à lieu un second putsch qui place au pouvoir Etienne Gnassingbé Eyadema devenu général entre temps.

La dynastie Gnassingbé

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est fondé par Gnassingbé Eyadema l’année même du putsch de 1967. Il prend le pouvoir et c’est un régime totalitaire qui s’installe. Des milices n’ont de cesse de s’affronter avec les FAT (Forces Armées Togolaises) après un soulèvement populaire vite réprimé le 05 septembre 1990. Des jeunes se regroupent sous les noms de Ekpémog (lanceurs de pierres), Etumog et Abrafos (coupeurs de têtes) pour ne citer qu’eux. Leur lutte permet l’obtention d’une « charte des partis » le 12 avril 1991, ouvrant la voie d’un multipartisme embryonnaire.
Mais lorsque Etienne Gnassingbé Eyadema décède le 05 avril 2005, c’est tout « naturellement » que son fils Faure Gnassingbé Eyadema hérite du pouvoir. Malgré des changements annoncés, il s’accroche au fauteuil présidentiel légué par son père.

Recueillement ou célébration

Outre la naissance du multipartisme, le soulèvement populaire du 05 octobre 1990 aura permis l’établissement d’une Conférence Nationale Souveraine dont l’un des actes symboliques, mais sensibles, aura été la proclamation du 13 janvier en « journée du recueillement » .
Malheureusement, le pouvoir en place ne l’entend pas ainsi et le fils préfère « célébrer » la « fête de la libération ». Pour s’en convaincre, il suffit de visiter Republicoftogo.com, le site d’information du gouvernement togolais :

-  Défilé monstre à Lomé :

« Les Togolais ont célébré vendredi dans une liesse générale, le 39è anniversaire de la fête de la libération ».
[...]
« D’autres banderoles proclament encore : "Vive les Forces armées togolaises, une armée au service de la nation", "Nous ne pouvons rebâtir cette nation, si nous restons divisés" ».

http://www.republicoftogo.com/fr/news/news.asp ?
rubID=2&srubID=60&themeID=14&newsID=10939

-  Un 13 janvier chargé d’émotion :

« Le 13 janvier prochain, le Togo fêtera l’anniversaire de sa libération nationale sans son principal artisan, le président Gnassingbé Eyadema décédé le 5 février 2005 »
http://www.republicoftogo.com/fr/news/news.asp ?
rubID=1&srubID=1&themeID=1&newsID=10887

Rien de nouveau...

Gilchrist Olympio, le fils de Sylvanus Olympio, vit en exil depuis qu’il a réchappé à une tentative d’assassinat en 1992.
Le pouvoir en place modifie le code électoral la même année de sorte qu’un candidat à l’élection présidentielle doit avoir séjourné au Togo sans interruption pendant les 12 mois qui précèdent l’élection. Il se voit donc interdire de participer aux élections.
Faure Gnassingbé Eyadema n’offre donc à son peuple ni la journée du recueillement qui pourrait calmer les esprits et qui est nécessaire à la réconciliation dans le pays, ni la démocratie.
(Photo ci-dessus : Etienne Gnassingbé Eyadema et Jacques Chirac, Palais de l’Elysée, 26 novembre 2001)

Seb,
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Pour aller plus loin :
Si vous souhaitez en savoir plus sur Sylvanus Olympio et savoir qui était cet homme, rendez vous sur cette page pour y lire une retranscription de l’émission de Patrice Patrick Pesnot sur France Inter :
-  Assassinat de Sylvanus Olympio : monsieur X raconte...


 

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