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Ecologie & éconnomie
Pourquoi il faudrait taxer plus encore le pétrole...
L’énergie fossile n’est toujours pas assez chère
jeudi 17 juillet 2008.

Le titre est provocateur mais il faut se rendre à l’évidence : nous ne payons pas encore assez cher le pétrole : les ressources vont décroissantes et son utilisation détraque notre climat.

Cette matière fossile existe en quantité limitée. D’ici 40 à 50 ans, au rythme toujours croissant de la consommation mondiale, nous aurons épuisé la totalité des réserves.

Des millions d’années qui partent en 200 ans

Nous aurons bientôt épuisé en 200 ans ce que la nature a mis des millions d’années à produire. Alors que faire : attendre d’être au bord d’un précipice lorsqu’il n’y aura plus de pétrole ? Ou alors commencer à en consommer moins ?

Toutes nos activités actuelles dépendent du pétrole : même le plastique de l’ordinateur à partir duquel vous allez sur internet est issu du pétrole. Et des pans entiers de l’économie ou de notre vie quotidienne en dépendent : textile, pêche, agriculture, etc... Il n’y a pas que les transports.

Encore une taxe ?! Et pourquoi une taxe ?

L’idée, choquante de prime abord, est de le taxer progressivement au fil des ans afin d’en limiter l’utilisation.

Tout d’abord, la taxe est le moyen le plus équitable de répartir l’effort. On parle souvent de pollueurs payeurs, c’est oublier un peu vite que les consommateurs sont aussi acteurs de leurs choix, comme dans le cas de nos déchets dont la masse augmente toujours : pourquoi continuer d’acheter des compotes en tubes de 20ml ?

Certes, les bonnes intentions ne sont pas toujours faciles à mettre en place individuellement : tout le monde ne peut pas changer sa voiture tout-essence contre un modèle hybride à 26 000 euros... Mais si l’essence est de plus en plus chère, la demande en modèles économes ira croissante et les solutions alternatives seront de plus en plus développées, elles se démocratiseront plus vite.

Et puis nous ne payons toujours pas assez cher cette matière fossile qui détruit le climat par les quantités énormes de CO2 rejetées. Un coût monétaire sera visible tout de suite et par tout le monde, contrairement au coût environnemental dans 30 ou 50 ans (dont nous nous soucions peu malgré de belles paroles).

Avec une taxe accrue au fil des ans, les fabricants et les consommateurs se tourneraient progressivement vers d’autres solutions, beaucoup plus vite, tout en ayant le temps de s’adapter.

Oui mais les autres ?

Justement, parlons des autres. A quoi bon imposer encore des taxes en France ou en Europe alors que d’autres pays ne le ferons probablement pas ? C’est déloyal et ça va plomber nos économies ?

Cela n’est pas si évident. Comparez la situation des fabricants de voitures aux Etats-Unis et en France. Début juillet 2008, General Motors annonce un plan de "restructuration drastique" : ses ventes ont chuté de 18,5 % en juin 2008. Certains y verrons les répercutions de la crise qui traverse l’économie mondiale.
Rappelons que les américains ont toujours vécu avec une essence peu taxée. Résultats : ils n’ont jamais réduit leur consommation. La montée du prix du pétrol est un réveil bien brutal pour eux.

2CV, photo Citroën

En France, nous privilégions les petites cylindrées depuis des décennies. Notre plein augmente, mais dans de moindre proportions par rapport au plein des propriétaires de 4x4 ou de grosses cylindrées, pour le même nombre de kilomètres parcourus.

De fait, nos constructeurs européens ne subissent pas la crise aussi fortement que les américains dont la vente des grosses cylindrées s’écroulent.

Vers des délocalisations

Si l’on taxe, les industriels seront tentés de fuir la France et l’Europe pour produire ailleurs. L’avantage de la taxe est de pouvoir s’appliquer aussi aux importations. Dans ce cas, produire en France ou ailleurs reviendra au même.

Toujours plus de taxes ?

Non puisque celle-ci ne s’appliquerait que sur les produits pétroliers ou dérivés du pétrole. Un fabricant de brûleurs ou de chaudières à fioul verra ses produits taxés alors qu’un fabricant de panneaux isolants ou de chauffe-eaux solaires pourrait être subventionné grâce aux revenus de cette même taxe.

On le sait, l’économie de marchés n’aime pas les taxes. Mais quid des marchés s’ils ne s’adaptent pas à la baisse des stocks de pétrole ? Si notre économie ne s’adapte pas rapidement, elle va droit dans le mur, et nous avec. Il sera difficile de faire tourner des usines 365 jours par an si le climat se détraque.

Encore "l’état qui se goinfre" alors ?

Oui et non. Les importations de pétroles et de matières premières issues du pétrole coûtent de plus en plus cher aux nations qui n’en produisent pas.

Cette taxe provoquerait une baisse de la consommation, et donc des importations, tout en renfloueant les caisse de l’état qui en ont bien besoin. L’état pourrait alors encourager les solutions de rechange, la recherche et l’isolation des habitats.

Pensez-y quelques instants avant de rejeter l’idée en bloc. Quel avenir avec quelles solutions de rechange laisserons-nous si on continue égoïstement les yeux fermés ?

Si vous croyez que :

-  l’éolien ou -pour les plus ouverts- le nucléaire suffiront à nous sauver,
-  ou que les scientifiques vont vite trouver des solutions,
-  ou que ces solutions existent mais que les lobbies pétrolier en retardent l’exploitation,
-  ou que les "profits" des compagnies ou la spéculation expliquent les augmentations de prix (même s’il est vrai que la spéculation joue légèrement en cas de tensions),
-  ou qu’on nous ment, etc...

Je vous conseille d’urgence la lecture de ce livre court et concis :

Le plein s’il vous plaît ! :
La solution au problème de l’énergie (Poche)"

de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean,
185 pages, format poche.

Cette idée est ridicule ?

D’accord : ne changeons strictement rien et attendons un miracle de la science.

Mais que ferons-nous si le sevrage au pétrole n’a pas été effectué avant la pénurie ? Peut-on imaginer un monde où l’on arrête brutalement l’agriculture, la pêche et les transports ? Tant qu’à devoir se préparer, autant le faire raisonnablement, même si ce ne sera pas agréable et sans douleur au début. Il vaut mieux souffrir un peu maintenant que de risquer un réveil brutal dans 50 ans, alors que le climat sera sans doute moins serein.

Seb,
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